Apaiser le réflexe : comment l’ancrage vous redonne le choix de comment répondre

Sous pression, notre cerveau rejoue des réponses anciennes apprises dans le passé.
Cela nous aide à agir vite. Mais cela peut aussi activer des schémas défensifs (lutte / fuite / figement) qui ne sont plus adaptés aujourd’hui.

Un ancrage sensoriel permet de revenir volontairement vers un état intérieur plus sûr (clarté, calme, stabilité, sentiment de contrôle).
C’est un outil pour l’instant présent.
Il ne « répare » pas à lui seul la cause profonde — mais il crée l’espace nécessaire pour choisir sa réponse.

Pourquoi un ancrage fonctionne

Le cerveau adore les associations.
Lorsque deux éléments se produisent ensemble à plusieurs reprises — un geste et un état intérieur positif — le cerveau commence à les relier. Avec la pratique, le geste seul suffit à réactiver l’état.

Deux mécanismes renforcent cet effet :

1. L’association

Tu associes un geste à une expérience réellement positive jusqu’à ce que le cerveau apprenne le lien.
(C’est un apprentissage associatif.)

2. L’imagerie mentale

Tu revis un moment réel à travers tes sens.
Voir la scène, entendre les sons, ressentir le corps suffit à réactiver l’émotion correspondante.
(C’est l’imagerie mentale.)

Comme pour toute compétence :
ce que tu pratiques se renforce ; ce que tu ne pratiques pas s’estompe.

Les ancrages peuvent aussi être dépendants du contexte.
Il est donc utile de s’entraîner dans plusieurs environnements (bureau, salle de réunion, maison, visioconférence) afin que l’ancrage fonctionne partout.

Protocole pas à pas

Objectif :
Relier un geste discret et non habituel à un souvenir riche de bien-être et de stabilité intérieure.

1. Choisir le bon souvenir

Un moment réel où tu t’es senti pleinement à ta place, calme et maître de la situation.
Plus le souvenir est positif et riche, mieux c’est.

2. Choisir le geste

Discret et non automatique :

  • pincer le pouce et le majeur,

  • tapoter un point précis sur le poignet,

  • poser légèrement la main sur le sternum.

3. Revivre avec les sens (imagerie multisensorielle)

Ferme les yeux pendant 30 à 60 secondes.

  • Vois la lumière, les couleurs, les visages.

  • Entends les sons, les voix, la musique.

  • Ressens la posture, la température, la respiration, les relâchements de tension.

  • Ajoute odeurs ou goûts si présents.

Laisse la sensation agréable monter dans le corps.

4. Repérer la fenêtre d’activation

Le ressenti est en train de monter ; tu sens qu’il va encore s’intensifier légèrement.
C’est le bon moment — sur la montée, juste avant le pic.

5. Ancrer

À ce moment précis, fais le geste et appuie légèrement plus fort, comme si tu « imprimais » l’émotion dans le corps.

6. Briser l’état

Ouvre les yeux ou pense à autre chose pendant 10 à 15 secondes
(par exemple un élément neutre de ta to-do list).

7. Tester

Refais uniquement le geste.
L’état revient-il (images, sons, sensations corporelles) ?

  • Si oui : parfait.

  • Si non : choisis un souvenir plus riche ou rends le geste plus net.

8. Renforcer

Pratique 1 à 3 minutes par jour, pendant 2 à 3 semaines, dans des contextes variés.
Ensuite, fais des rappels légers (hebdomadaires → mensuels).

Un ancrage non utilisé s’affaiblit.
Un ancrage entraîné devient de plus en plus facile à activer.

👉 L’ancrage ne remplace pas le travail de fond.
Mais il apaise le réflexe, restaure un sentiment de sécurité immédiat, et redonne accès à ce qui compte le plus : la capacité de choisir sa réponse.

Phase émotionnelles: Calme, Stimuli, Agitation, Accélération, Sommet, Descente, Récupération

Bon à savoir

  • Si l’émotion du moment est plus intense que ton ancrage, elle peut le dépasser.
    Dans ce cas, il est possible de créer un ou plusieurs ancrages plus “énergétiques” pour faire face à des situations à forte charge émotionnelle.

  • L’ancrage régule l’état présent ; il ne transforme pas, à lui seul, les schémas défensifs profonds.

  • Il est possible d’empiler plusieurs sensations sur un même ancrage : si les états émotionnels sont suffisamment proches, ils peuvent fusionner et agir ensemble.

Pour les schémas plus profonds : comment l’IFS peut aider

Lorsque les mêmes réactions reviennent encore et encore — se crisper, s’emporter, se fermer — il est probable qu’une part protectrice prenne le contrôle pour éviter une douleur émotionnelle plus profonde.

Le Système Familial Intérieur (IFS) permet de :

  • Identifier les parts protectrices et les parts blessées qu’elles cherchent à protéger.

  • Revisiter en sécurité des situations anciennes et les mettre à jour avec de nouvelles informations et expériences.

  • Installer des réponses nouvelles, adaptées à la réalité d’aujourd’hui.

En termes simples :
l’IFS crée les conditions optimales de flexibilité de la mémoire.
Lorsqu’un souvenir est réactivé, il existe une courte fenêtre pendant laquelle ce qui a été appris peut être révisé (un processus souvent appelé reconsolidation).
L’IFS transforme ces principes neuroscientifiques en un processus clair, respectueux et profondément humain, au service de la croissance — en tant que leader et en tant que personne.

Que pouvons-nous faire concrètement ?

Créer ton ancrage personnalisé

Nous pouvons travailler ensemble pour concevoir des ancrages puissants, efficaces et adaptés à tes besoins, tout en respectant ton équilibre intérieur et ton écologie personnelle.

Aller plus en profondeur avec l’IFS

Grâce au coaching IFS, nous pouvons transformer des réponses défensives récurrentes en nouvelles manières d’être, mieux alignées avec ton environnement actuel — dans un cadre sûr, compatissant et respectueux.

👉 Si tu souhaites être accompagné pour construire ton ancrage ou pour retravailler la carte plus profonde, n’hésite pas à me contacter.

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