Pourquoi l’auto-compassion reprogramme le cerveau pour la croissance et la résilience
Concept IFS – Le Self est compassion (l’une de ses qualités fondamentales)
La plupart d’entre nous essayons de changer en forçant davantage.
Nous nous critiquons, renforçons la discipline ou nous mettons la pression pour « faire mieux ». Au début, cela peut fonctionner. Mais les neurosciences montrent que cette approche nous maintient en réalité… bloqués.
Pourquoi ?
Parce que l’autocritique active le système de menace du cerveau. Les hormones de stress augmentent, l’amygdale prend le contrôle, et le cortex préfrontal — la zone impliquée dans la résolution de problèmes et l’apprentissage à long terme — se met en retrait. Dans cet état, le cerveau se concentre sur la survie, pas sur la croissance.
Si nous voulons un changement durable, il nous faut un autre point d’entrée : l’auto-compassion.
La science de la compassion et de la neuroplasticité
L’auto-compassion n’est pas de l’indulgence.
C’est un changement biologique réel. Lorsque nous nous traitons avec bienveillance et curiosité, notre système nerveux bascule en mode sécurité.
En mode sécurité :
l’amygdale s’apaise,
le cortex préfrontal se réengage, améliorant la clarté, la concentration et la créativité,
le système nerveux parasympathique soutient la récupération, la régulation émotionnelle et la connexion aux autres.
Ce basculement crée les conditions de la neuroplasticité — la capacité du cerveau à créer et renforcer de nouveaux circuits neuronaux.
Comme un muscle qui se développe avec l’entraînement, les circuits cérébraux se renforcent par la répétition. Mais cela ne se produit efficacement que dans un contexte de sécurité, jamais dans la peur.
L’auto-compassion n’est donc pas une posture « douce ».
C’est ce qui ouvre le système d’apprentissage du cerveau.
Au-delà des habitudes : la puissance de la reconsolidation de la mémoire
Construire de nouvelles habitudes est essentiel.
Mais qu’en est-il des anciens schémas émotionnels — ces croyances profondes comme « je ne suis pas assez » ou « si je ne performe pas, je serai rejeté » ?
C’est ici qu’intervient la reconsolidation de la mémoire.
Les neurosciences montrent que lorsqu’un souvenir émotionnel ancien est réactivé puis associé à une expérience nouvelle, surprenante et sécurisante, le cerveau peut réécrire le circuit initial. Ce processus s’appelle la reconsolidation.
Exemple :
Un souvenir d’échec déclenche habituellement de la honte.
Revisité dans un contexte compassionnel — où la personne se sent en sécurité et reconnue — le cerveau vit ce souvenir différemment.
Ce décalage (« j’ai échoué, et pourtant je suis encore accepté ») permet à l’ancienne croyance d’être mise à jour.
Ce n’est pas simplement de l’adaptation ou de la gestion.
C’est une transformation profonde : l’ancien câblage se dissout, et un nouveau schéma prend sa place.
👉 Pour une explication claire et engageante de ce mécanisme, la vidéo de Tori Olds sur la reconsolidation de la mémoire montre comment le cerveau met à jour ses apprentissages émotionnels lorsque de nouvelles expériences de sécurité sont introduites.
Video en anglais:
Dans un autre article, nous explorons comment l’IFS offre une méthode concrète et structurée pour accéder de manière fiable à cet état de compassion et travailler directement avec les parts de nous-mêmes qui maintiennent en vie les anciens cycles.
Si tu as des questions, n’hésite pas à les poser.